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L'authenticité ou la quête du Soi

Lorsqu’une personne entame un travail psychologique afin de résoudre une problématique personnelle, d’appréhender des sentiments, événements de vie douloureux ou apprendre à se connaitre avec plus de profondeur, peu de temps s’en faille pour que la question de l’authenticité ne se pose.


L’authenticité provient du latin « authenticus » et du grec ancien « authentikós » qui correspond à : se détermine par sa propre autorité. Elle pourrait grossièrement se résumer comme le fait de s’affirmer pour ce que l’on est, de résister à l’influence du suivisme et des modes, et de s’accepter tel que l’on est sans succomber aux pressions externes.


Il est important de souligner que l’influence d’un milieu (externe) est tout à fait naturelle dans la vie humaine, nous sommes des êtres interactifs, nous fonctionnons avec une part d’imitation dans nos apprentissages depuis l’enfance et nous portons inconsciemment des schémas et représentations divers .


L’influence d’autrui n’entrave pas forcément l’authenticité tout comme l’inspiration n’exclut pas la sincérité des gestes. Nous sommes les produits d’une construction de diverses influences extérieures, encore faut-il en avoir conscience.

L’authenticité interne peut être la capacité à se définir à partir de soi-même, elle inclut la part sentimentale et émotionnelle de l’individu.


Au fil des sessions d’investigations psychologiques, nous apprenons à identifier les éléments qui entravent le chemin de l’authenticité personnelle. Il devient de plus en plus insupportable pour le patient de réaliser qu’il porte en lui toute une série de pensées paralysantes qui l’empêchent d’être lui-même.


Mettre le doigt sur les peurs


Les peurs paralysent, empêchent de penser, automatisent des actes et des schémas de pensées, des cycles inconscients et cachent des souffrances plus ou moins intenses qui étouffent l’être véritable et l’essence de l’authenticité. Nommer, comprendre, visualiser, mettre le doigt sur ses peurs inconscientes permets de déconstruire petit à petit les mécanismes de défense en place pour nous protéger mais qui entravent l’émergence de l’essence naturelle et réelle de l’individu. Le travail d’investigation des peurs, de leur compréhension et de mise en place de comportements nouveaux qui ressemble à l’individu est très courageux car il est porteur de souffrance. En effet, réaliser que l’on est soumis à des comportements, croyances erronés, automatisés et source d’inauthenticité est douloureux. Au fil du chemin thérapeutique, l’individu accepte plus rapidement les manifestations des émotions indésirables et leurs résolutions, ainsi son être se solidifie et son identité propre peut émerger avec plus de légèreté. Il devient plus difficile de porter ses masques qui protègent l’égo traumatisé mais qui déforment la vision réelle du monde et de soi-même.


Besoins propres


Durant le chemin de la quête de soi, la personne apprend peu à peu à discerner ses besoins de ceux des autres. Les peurs notamment celle d’être abandonné, rejeté, exclu, seul entrainent souvent les personnes à se sacrifier pour les autres et à répondre aux besoins des autres avant les leurs, voire même de ne vivre que pour répondre aux besoins d’autrui. Cette façon de fonctionner, cette attitude sacrificielle empêche d’être soi car elle est une réelle déconnexion avec son essence personnelle. « Charité bien ordonnée commence par soi-même », être conscient de ses besoins propres n’est en aucun cas de l’égoïsme mais bien une survie pour sa propre personnalité. Une des peurs inconscientes et conscientes des personnes dépendantes émotionnelles et donc sacrificielles est de « passer pour un égoïste », c’est une pensée réactionnaire qui signe encore là une forme d’inauthenticité car elle se base sur les perceptions « probables/fantasmées » de l’extérieur.


Savoir dire non


Être authentique, c’est être en capacité de pouvoir refuser une sollicitation extérieure quand le désir d’y répondre par l’affirmative est absent. C’est aussi la capacité de connaitre ses propres limites et de les faire respecter dans la bienveillance envers soi et l’autre. C’est être honnête avec soi et les autres en apprenant à dire la vérité ou exprimer son opinion avec assertivité et simplicité sans avoir peur d’être jugé ou rejeté. C’est très important de pouvoir discerner des actions impulsées par son désir personnel de celles imposées parfois de façon détournée par le système environnant.


Être humain en mouvement


Incarner sa propre personne, être en lien avec soi-même c’est accepter son inévitable imperfection et appréhender les peurs de se montrer sous son vrai jour avec ses parts d’ombres, ses faiblesses, ses défauts mais aussi apprendre à faire valoir ses droits légitimes. Ce travail psychique est assez laborieux dans les premiers temps mais permet de « reprogrammer » son cerveau, faire le ménage dans ses croyances et le remettre en quelques sortes « à l’endroit ».


Être authentique demande du courage. Le courage de réaliser que l’on ne l’a pas été, de dépasser dans un rythme et tempo approprié ses diverses peurs et traumas. Ce travail libère de lourdeurs égotiques et permet un sentiment de cohérence intérieur qui évolue en même temps que l’individu.


Nawal Uariachi

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